Éco-conception numérique : méthodes et retours d'expérience pour des projets data et web sobres
L'éco-conception numérique ne se résume pas à une liste de bonnes pratiques : c'est une démarche systémique qui nécessite méthode, collaboration et adaptation aux spécificités de chaque projet.
L'enjeu : adapter l'éco-conception aux réalités terrain
“Les clients nous demandent de tout stocker et on verra ce qu'on fera des données après”, témoigne Laetitia Gaspari, référente nationale éco-conception chez Orange Business.
“80 % de l'éco-conception, c'est du bon sens : faire moins, faire mieux. Le service qui consomme le moins, c'est celui qu'on ne conçoit pas”, rappelle Raphaël Thebaud, consultant expert chez Orange Business.
Co-construire avec les experts métier
Partir des bonnes pratiques d'optimisation existantes
“On leur a demandé : c'est quoi, pour vous, les bonnes pratiques d'optimisation ?”, explique Raphaël Thebaud.
“On ne veut pas créer 115 bonnes pratiques. Si on sort un chiffre trop éloigné du RGESN, c'est qu'on aura créé une autre complexité que les gens ne s'approprieront pas.” insiste Raphaël Thebaud.
Impliquer les utilisateurs et les citoyens
“C'était très intéressant d'avoir des personnes qui ne connaissaient rien du tout. Ça nous poussait à expliquer, en partant de zéro, les raisons de tel ou tel choix”, souligne Florian Guillanton, designer chez ctrl-s.
“Les agents nous ont dit : surtout, n'enlevez pas toutes les images. Les gens se repèrent grâce à ça.” précise Estelle Soleillant Trehin, Rennes Métropole
Choisir des solutions techniques pérennes
- Architecture statique : les pages sont pré-compilées (délai de 2-3 minutes à la publication), ce qui réduit drastiquement la consommation serveur.
- Passage de 16 à 2 serveurs : l'hébergement est revenu “à la taille de 2002”.
- Surface d'attaque cybersécurité minimale : pas de données privées exposées.
- Galaxie de 15 mini-sites thématiques (transport, urbanisme, enfance…) : chaque sous-domaine a vocation à rester stable pendant des décennies, évitant le cycle infernal des refontes tous les 5 ans.
“Le web, à la base, c'est de l'information. Une URL doit rester là pour des siècles. Pour qu'elle reste au bon endroit, il faut définir quel est le bon endroit, indépendamment des choix électoraux ou communicationnels.” souligne Arnaud Levy, Noesya.
Les pièges à éviter
Ne pas plaquer des outils inadaptés
“On a soumis nos 20 critères à des relecteurs. Résultat : aucun retour, aucun engouement. Le calme plat”, reconnaît Raphaël Thebaud.
- Déjà couverts par le RGESN → abandonnés.
- Nouveaux critères spécifiques data → développés de zéro.
- Critères RGESN à préciser/compléter pour la data.
Accepter l'impossibilité de tout mesurer
“Mais on peut monter des bancs d'essais sur des environnements maîtrisés, comparer deux requêtes SQL et constater que l'une est 30 % plus performante. On peut raisonnablement penser que le gain sera comparable en production”, explique Raphaël Thebaud.
Éviter le greenwashing et le perfectionnisme paralysant
“Si on parle trop vite de ce qu'on fait sans l'avoir vérifié, on fait du greenwashing. Mais si on attend 5 ans avant de dire quoi que ce soit, on ne met rien en œuvre”, résume Raphaël Thebaud.
Gérer les contraintes organisationnelles
- Confiance des élus : ils sont intervenus au début, à mi-parcours pour valider les maquettes, et à la fin. Pas de micro-validation à chaque étape.
- Équipe de journalistes déjà organisée par thématiques, facilitant le passage à une galaxie de sites.
- Existence d'un service relations citoyens et d'une fabrique citoyenne pour impliquer les habitants.
“On a bénéficié d'une organisation qui fonctionne de manière relativement saine. Ce n'est pas le cas partout. Ce n'est pas uniquement grâce à nous”, reconnaît Florian Guillanton.
Recommandations actionnables
À retenir
- L'éco-conception nécessite des outils adaptés à chaque typologie de projet (data, web, mobile…), pas un référentiel unique plaqué sur tous les contextes.
- La collaboration avec les experts métier est indispensable pour que les critères soient appropriables et actionnables.
- On ne peut pas tout mesurer scientifiquement : il faut accepter les ordres de grandeur, documenter les protocoles et rester transparent.
- La pérennité technique (architectures stables, logiciels libres, URLs durables) réduit drastiquement l'impact environnemental sur le long terme.
- Impliquer les citoyens et les agents révèle des besoins et usages invisibles, essentiels pour concevoir des services vraiment utiles et accessibles.
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Ces propos ont été partagés lors de deux tables rondes de la Journée du Numérique Responsable 2026 organisée par ADN Ouest. La première table ronde, "Vers un référentiel d'écoconception adapté aux projets Data", réunissait Raphaël Thebaud (Consultant expert et manager digital, Orange Business) et Laetitia Gaspari (Référente Nationale Ecoconception Service Numérique, Orange Business). La seconde, "Concevoir un site web au service des transitions environnementales et sociales : REX du site metropole.rennes.fr", accueillait Estelle Soleillant Trehin (Cheffe de projet innovation numérique, Rennes Ville & Métropole), Christophe Panon (Chef de projet, Ecedi), Arnaud Levy (Cofondateur, Noesya) et Florian Guillanton (Co-fondateur et associé ctrl-s, Directeur Général du Design). Vous pouvez retrouver les supports dans cette ressource.
Pour aller plus loin
- Supports de présentation "Référentiel éco-conception projets Data" et "REX site metropole.rennes.fr" de la Journée du Numérique Responsable 2026
- Référentiel général d'écoconception de services numériques (RGESN)
- Espace de coopération de Rennes Villes Métropole dédié à la communication numérique plus soutenable
- Support et replay "Hackathon de l’écoconception numérique : participez en tant que coach-expert"
- Ecouter les podcasts ADN Ouest : Replays des événements
- Les prochains événements Numérique Responsable d’ADN Ouest
- Le programme numérique responsable d’ADN Ouest