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ORCN 2026 : le marché du numérique recrute, mais avec de nouvelles exigences

ORCN 2026 : le marché du numérique recrute, mais avec de nouvelles exigences

2026-10-08
Article Emploi / formation

Le marché du numérique dans l'Ouest repart, mais les règles ont changé. Les résultats 2026 de l'Observatoire Régional des Compétences Numériques (ORCN), piloté par ADN Ouest, révèlent un marché de l'emploi plus sélectif : les entreprises recherchent en priorité des profils expérimentés, immédiatement opérationnels, capables de comprendre les enjeux métier et de maîtriser les nouveaux outils d'intelligence artificielle. Un constat qui pose une question collective : comment préserver l'accès aux métiers du numérique pour les jeunes diplômés et les personnes en reconversion ?

Un marché qui recrute, mais privilégie l'expérience

Après deux années de ralentissement, la filière numérique en Bretagne et Pays de la Loire retrouve une dynamique de recrutement. 49 % des structures interrogées ont recruté au cours des douze derniers mois, et 53 % prévoient de recruter dans les douze prochains mois. La reprise est là, mais elle s'accompagne d'une exigence renforcée.

Le marché IT est sorti de la phase d'euphorie post-Covid, durant laquelle les entreprises recrutaient massivement pour accompagner l'accélération des usages numériques. En 2026, les investissements se poursuivent, mais les décisions sont plus ciblées et les recrutements plus sélectifs.

Cette évolution se traduit par une forte préférence pour les profils déjà opérationnels :

  • 39 % des recrutements concernent des professionnels expérimentés

  • 30 % des profils confirmés

  • Seulement 16 % des profils débutants

L'expérience est devenue le premier facteur d'inadéquation des candidatures pour 56 % des répondants. Le paradoxe est net : alors que les organisations continuent de faire face à des besoins de compétences sur des domaines stratégiques, elles investissent moins volontiers dans l'accompagnement des profils juniors ou en reconversion. Ainsi, 72 % des structures interrogées n'ont recruté aucun profil en reconversion en 2026.

L'IA transforme les métiers et les compétences recherchées

L'intelligence artificielle générative transforme rapidement les pratiques de travail. 69 % des structures interrogées ont déjà intégré l'IA à au moins un workflow métier. Dans les activités de conception et développement, 34 % des tâches sont désormais réalisées avec l'appui de l'IA.

Mais l'enjeu ne consiste plus seulement à produire du code. L'IA accélère cette production, mais renforce simultanément le besoin de compétences capables de cadrer un besoin, structurer des données, vérifier un résultat, assurer la sécurité, tester les applications et garantir leur bonne intégration dans le système d'information.

Les entreprises recherchent donc de plus en plus des profils technico-fonctionnels, capables de faire le lien entre les utilisateurs, les métiers et les équipes IT : business analysts, chefs de projet, architectes data, experts de l'interopérabilité ou encore spécialistes de la qualité et de la cybersécurité.

« Pendant longtemps, nous avons formé des super techniciens, capables de maîtriser des technologies et des API très spécifiques. Or, l'IA permet désormais de générer très facilement une grande partie du code. L'enjeu est de former davantage des chefs d'orchestre, des ingénieurs capables d'avoir une vision globale et de piloter différents silos techniques, plutôt que de se concentrer uniquement sur l'exécution d'un code que l'IA peut produire. »

Thomas Ledoux, enseignant IMT Atlantique

Des tensions qui se concentrent sur les expertises clés

La pénurie de talents poursuit sa décrue par rapport aux années de surchauffe post-Covid : 18 % des structures ressentent encore une pénurie de ressources. Celle-ci demeure toutefois forte sur certaines expertises très ciblées.

Les fonctions les plus en tension sont :

  • La Data et l'IA, citées par 57 % des répondants

  • La conception et le développement, pour 42 %

  • Les infrastructures, systèmes et réseaux, pour 37,5 %

  • La cybersécurité

Ces tensions confirment une évolution structurelle du marché : la valeur se déplace vers la capacité à concevoir des systèmes fiables, interconnectés, sécurisés et adaptés aux usages réels des organisations.

Le risque d'une génération laissée de côté

Cette nouvelle sélectivité fragilise l'insertion des jeunes diplômés et des personnes en reconversion, alors même que ces profils peuvent apporter une connaissance précieuse des métiers, de la production, du commerce, du marketing ou de la relation client.

« Les entreprises qui ne recrutent pas de jeunes aujourd'hui au nom de l'IA ou de l'efficacité à court terme vont se retrouver face à un "trou dans la raquette". La démographie est renversée, les compétences vont se raréfier, et l'IA ne pourra pas tout compenser. »

Delphine Boussion, Leader RH, Communauté Atlantique, onepoint

L'alternance reste, à ce titre, un levier déterminant : 49 % des structures y ont recours. Mais elle ne garantit pas encore une insertion durable, puisque seulement 26 % des alternants sont recrutés en moyenne à l'issue de leur formation.

La diversité des profils, des expériences et des approches est une condition essentielle pour concevoir un numérique plus innovant, plus responsable et plus représentatif de la société. Cet enjeu est d'autant plus important que les femmes ne représentent encore que 22 % des effectifs numériques dans l'Ouest, contre 24 % au niveau national.

Un enjeu collectif pour l'écosystème

Face à la rapidité des mutations technologiques, entreprises, écoles et acteurs de l'emploi ont un enjeu commun : former et recruter des professionnels qui ne soient pas uniquement des producteurs de code, mais des concepteurs capables de comprendre un besoin, mobiliser l'IA avec discernement et construire des solutions fiables dans des environnements complexes.

Pour ADN Ouest, les résultats de l'ORCN 2026 invitent l'ensemble de l'écosystème, entreprises, organismes de formation, acteurs de l'emploi et pouvoirs publics, à renforcer les passerelles entre formation et emploi. L'enjeu est double : répondre immédiatement aux besoins en compétences stratégiques et préparer durablement le renouvellement des talents de la filière.

Les chiffres clés de l'ORCN 2026

  • 49 % des structures ont recruté au cours des douze derniers mois

  • 16 % des recrutements concernent des profils débutants

  • 72 % des structures n'ont recruté aucun profil en reconversion

  • 49 % recourent à l'alternance, mais seuls 26 % des alternants sont recrutés à l'issue de leur formation

  • 22 % des effectifs numériques sont des femmes

  • 53 % des structures prévoient de recruter au cours des douze prochains mois

  • 69 % des structures ont intégré l'IA à au moins un workflow métier

  • 34 % des tâches de conception et développement sont réalisées avec l'appui de l'IA

Vous voulez consulter l'intégralité des résultats de l'ORCN 2026 ? Retrouvez tous les chiffres et analyses sur library.adnouest.org/resultats-orcn

L'Observatoire Régional des Compétences Numériques est une enquête annuelle pilotée par ADN Ouest auprès des entreprises employant des compétences dédiées au numérique en Bretagne et en Pays de la Loire. Il suit les évolutions de l'emploi, de la formation et des besoins en compétences afin d'anticiper les transformations de la filière et d'adapter l'offre de formation aux attentes des entreprises.